I Le Train des Courriers
Le lundi 12 septembr, à la nuit, je montais dans le wagon du courrier des soviets qui stationnait sur les larges voies russes de la gare de Riga, et qui, en quarante heures de voyage, doucement, à travers une plaine éclairée par un immense ciel gris, devait arriver chez la petite-mère Moscou, la cité des tsars et de Lénine,des popes et de Karl Marx, de la police secrète et de la Troisème Internationale.
Dans la campagne : des étangs, des sapins, des landes, des maisonnettes de bois noir, pauvres, une seule richesse, celle des bouleaux avec les soies blanches de leurs troncs et l'or fauve de leur feuillage.
A l'intérieur du train : le naïf commissaire d'un navire hôpital de la flotte rouge, un intellectuel peureux et bavard, une femme communiste désordonnée et convaincue, un général, compagnon de Trotski, qui fumait de vieilles cigarettes aux armes impériales, un ouvrier membre actif du Profintern ( Internationale syndicale rouge) et des journalistes de New-York, bien chaussés, caparaçonnés de kodaks et d'underwoods - toute la révolution déjà qui provisoirement se battait, le soir avec des bougies récalcitrantes et le jour avec des samovars mal rétamés.
Véra G..., la communiste, en m'expliquant le rôle de la femme dans l'état futur, affirmait :
" La révolution a libéré la femme de l'esclavage dont elle souffre dans la société bourgeoise...Je m'appartiens...Mon enfant est à moi..et si, je ne veux pas le lui dire, il ne saura pas le nom de son père...Si je ne peux pas l'élever, la société l'élèvera...L'amour, telle est ma loi ".
" Malheureusement, ajoutait-elle sans rire, les hommes ne pratiquent pas toujours les principes qu'ils défendent, et nous avons encore beaucoup à lutter ; la détresse du pays est encore trop grande."
Plus tard, je devais mieux apprécier le sens de ces paroles et ne pas tarder à apercevoir que dans aucun pays la vie de la femme n'était plus dure que dans la République socialiste fédérative des soviets qui, en lui conférant tous ses droits, lui avait retiré tous ses privilèges. Tandis que je me promettais, aussitôt arrivée d'aller rendre visite à Alexandra Kollontaï la célèbre et charmante commissaire à l'Assistance publique des premiers temps du bolchévisme, j'entendais R..., l'ouvrier qui disait aux américains :
" La situation des Etats-Unis est mauvaise. La révolte gronde. Prenez-garde, vous, les capitalistes, le travailleur souffre..."
Tranquillement le compatriote de Hoover répondait :
" My dear fellow, ce n'est pas chez nous qu'il crève de besoin."
Il y avait quelque chose d'héroïque, cependant, dans la manière dont R...développait ses rêves, au mépris des leçons immédiates de la réalité.
Ce conflit de l'imagination et des faits,là,dans le couloir où passait et repassait le profil de la tête à casquette du chef de convoi - ce conflit déjà m'empoignait. Il a toujours été, et il est encore un des drames essentiels du devenir slave.
- Et vous, êtes vous française ? questionna R..., en se tournant vers moi.
- oui, répondis-je.
Des mouvements divers agitèrent le cercle des discoureurs. Toute la République des soviets, o cette époque frémissait de colère contre M.Noulens, et contre la Pologne, alliée de l'Entente.
- Je suis chargée, par le plus grand journal de mon pays, d'étudier quels remèdes peuvent être apportés aux désastres causés par la famine. Je viens en adversaire de votre régime, mais en amie de votre peuple, indépendante, aussi bien des intérêts des partis communistes occidentaux que des thèses de l'émigration russe à l'étranger, seule. Je veux en toute loyauté, et humainement, comprendre votre situation et la juger.
- Bien me répondit R..., non sans fierté, vous êtes sous la protection de notre gouvernement.
" Et si, à votre retour, vous voyez Millerand, ajouta-t-il au bout d'un instant, vous lui direz bonjour. Il se rappellera, peut-être, son ancien client, aujourd'hui son ennemi politique, qu'il défendit avec tant d'éloquence dans le procès des terroristes russes, il y a quelques vingt ans".
Nous approchions. Chacun bouclait ses sacs et comptait ses millions de roubles.
Confusément une sensation s'emparait de moi, ne devait plus me quitter, mais s'accroître, se préciser, me forcer même à une révision de tous les principes de la civilisation qui m'avait éduquée. Là-bas, à Moscou, citadelle vénérée des uns, citadelle maudite des autres, où toujours les traditions ont été démolies, où chacun vit férocement pour soi, tout enpeinant pour le bien idéal des autres, l'individu ne vaut que ce qu'il vaut. Il n'a pas d'argent; il n'a plus de famille. Aussi, meurt-il quand il est faible, ne survit-il que s'il est fort - consecration de la suprême inégalité qui est celle de la nature même, lorsqu'une société disparue ne la dissimule plus et qu'une société nouvelle ne la corrige pas encore.
A la gare de Windawa il pleuvait.Une atmosphère à la fois fiévreuse et accablée enveloppait les gens et les choses. Un cocher hirsute me conduisit, au pas hésitant de son cheval, vers une demeure amie. Il lâchait ses rênes pour se signer devant chaque minuscule église. Je contemplais les demeures délabrées, les boulevards plantés d'arbres dont les branches avaient été arrachées pendant l'hiver pour alimenter les poêles. La tâche m'apparaissait si difficile que la devise de Guillaume Le Taciturn, qui maintenant, résume peut-être la pensée de bien des grands communistes me revenait à la mémoire : " Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséverer."
Ma première impression était donc d'une infinie tristesse.
II La rue et les marchés
La tristesse qui m'avait saisie, comme je traversais en voiture la ville inconnue dont je voulais entendre battre le coeur, se changea, à mes premiers pas dans les rues, en une émotion profonde.
Le crépuscule tombait. Au coin de notre péréulok ( ruelle), des femmes âgées, affaiblies par les privations - d'anciennes grandes dames peut-être - vendaient, l'une des graines de soleil, l'autre des gâteaux qui se délayaient à la bruine. Plus lin, dans la Miasnitskaïa, des enfants, au teint cireux spéculaient, troquant des pommes contre des allumettes, des lacets contre du tabac. De temps à autre, des chariots apparaissaient, qui emmenaient des familles d'émigrants vers leurs destinées incertaines. Sur la grande place de lagare de Riazan, des paysans fraîchement débarqués, vendaient aux citadins, qui les attendaient, du beurre et de la farine. Des feux s'allumaient. Des êtres campaient dans la pénombre. Quelques soldats mal vêtus musaient, encapuchonnés de coiffures qui vaguement, mais invinciblement, évoquaient les images, léguées par nos histoires, des armées d'Attila. Un ordre parfait régnait, et il n'y avait de bonheur nulle part.
La misère s'épaississait autour de moi, comme du brouillard.
Le lendemain, le surlendemain, et encore, j'allais m'égarer dans ses ténèbres.
J'attendais à la porte d'un immeuble que prissent fin les formalités de passeport dont un camarade connaissant les aîtres, s'acquittait pour moi. Je regardais passer les gens. C'était vers midi, près du Pont des Maréchaux, devant l'ancienne " Société moscovite des coiffeurs". Houbigant, Guerlain, Coty, disaient encore les lettres d'or des glaces. Mais ces glaces reflétaient des silhouettes étranges : des hommes en pantalons d'habit et en veste de cuir, des femmes en manteaux de fourrure pelée et chaussées de sandales, d'autres dont les jambes étaient nues dans les bottines, d'autres qui portaient des souliers de satin avec des bas de coton reprisés de laines multicolores. Quelle ingéniosité et quelle souffrance dans ces escarpins de paille, dans ces cthurnes de flanelle, dans ces mules de feutre ! Et quelle bravoure et quelle résignation ! Par instants, l'usure, la saleté, les piteux vêtements s'oubliaient presque. L'aspect extérieur de l'humanité importe peu à l'ombre du Kremlin. Je m'attardais aux visages, si dramatiques dans leurs soucis silencieux, si graves.
Toutes ces figures pensaient. Et alors que les échines se courbaient sous les sacs rapportés de la campagne, que les bras se tiraient au poids de seaux de soupe claire, que les mains s'engluaient liberté d'esprit. Or, je ne pouvais pas m'évader de la détresse ambiante.
Déjà, mon compagnon, vainqueur de bureaux dont la fainéantise et la crasse seront dépeintes au cours de ce récit, m'apportait mes papiers ( bumaga) et m'entraînait vers les marchés de la ville.
Zemlanoie Bazar, Karetne Bazar - spectacles inoubliables des contrastes de la révolution : des employés d'administration y vendaient, feuille par feuille, des archives qui feraient du papier à cigarettes passable; des adolescents, décorés de multiples insignes rouges, vendaient des dépouilles derenard, des peaux d'agneau, des étoles de zibzline; des fillettes vendaient des morceaux de miroirs, des ouvrages en tapisserie ; des mercantis vendaient de vieux savons, des vieilles brosses à dents, de vieilles bouteilles d'eau de seltz, de vieilles cartes postales où se reconnaissaient les modes de 1910 et 1912 ; des cultivateurs, venus de la banlieue, aujourd'hui assez prospère, précisément à cause du rétablissement de ce petit commerce, vendaient des chapelets de champignons durcis, des saucisses, des pastèques, de la crème, des céréales ; des chasseurs vendaient des ciens et des jeunes loups. Et, par centaines, plus livides que la maladie, plus décharnés que la mort, des professeurs, des petits bourgeois, des nobles déchus, serrés les uns contre les autres, muets de désespoir, vendaient leur dernier bien, avant de descendre dans la tombe. J'ai vu l'instituteur, qui, les pieds dans l'eau pendant des heures, essayait de se défaire d'un demi-lorgon, la gouvernante qui toussait en m'offrant une cravache aux armes de la famille où elle enseignait jadis, et un vieux qui demandait cinquante mille roubles ( huit francs) d'une cuiller en argent et une aïeulequi avait enfilé sur son pouce une bague d'annulaire pour enmieux faire scintiller l'infime grenat, et une vieille, ratatinée dans une énorme descente de lit en poil d'ours - sa seule fortune. Ah ! ces prunelles glauques sans cils, ces lèvres bleuies, ces membres tremblants, ces dos déjetés. Ah ! ces attitudes desespérées de corps qui se refusaient à mourir.
La foule se pressait dense, puis ouverte, soudain, à coup de sifflets par l'auto d'un commissaire. Je notais beaucoup de faces d'Orient de toutes les nuances de jaune, les brides des yeux plus ou moins tirées, les pommettes des joues plus ou mons saillants, beaucoup de bonnets d'astrakan. Et, je suivais la petite vieille qui déambulait , maintenant, dans sa descente de lit. A chaque cahot, la tête de l'ours semblait lui dévorer la .......................
III Au Soviet de la Ville
C'est alors que j'entrai en relation avec Kamenev, président du soviet de Moscou, président également du Comité panrusse de lutte contre la famine.
Le soviet de Moscou se trouve sur la Tverskaïa, au centre de la ville? Plaqué à sa façade, un panneau indique le nombre de wagons de vivres qui arrivent quotidiennement pour le ravitaillement de la population. A la porte, veillent des gardes rouges tantôt bonasses, tantôt méfiants, sur la baïonnette desquels je pris vite l'habitude de planter mon laissez-passer. A l'intérieur : la section du Comité exécutif, fleurie de la barbe de Karl Marx, et de vastes pièces pour les secrétaires et les quémandeurs.
J'ai passé des heures assise aux côtés de la plus proche collaboratrice de Kamenev. Sa complaisance était infatigable. Sans appartenir au parti communiste - ses doux yeux bruns se remplissent de larmes au souvenir de son frère fusillé dans le Sud, lors de la liquidation de l'armée blanche - elle admirait son chef pour l'intelligence qu'il montrait des situations politiques, pour le désir qui l'animait d'améliorer le sort de chacun, pour son labeur sans trêve. Du matin au soir, en face de son verre de thé, dans son unique robe et ses bottines crevées, elle assurait la liaison des services, tout en répondant aux malheureux qui venaient lui demander des vivres, des vêtements, un logement, du bois, des protections, de l'argent. Ce défilé de catastrphes individuelles qui composaient le drame même de la cité, la dure expérience qu'elle avait retirée de la viedictait à cette enfant de vingt-deux ans des paroles infiniment humaines. Je ne me lassais pas de l'entendre discuter avec ses amies, la robuste et souple L..., la philosophique et allègre K..., parfois légèrement grisées de leur puissance, mais toujours inspirées avec tant de bonne ardeur. Elles usaient leur jeunesse à la misère d'autrui, ces vaillantes - Danaïdes versant le flot de leur bienfaisance dans la nne insondable du malheur russe.
Kamenev m'expliquait avec douceur et foi :
- Ce que vous voyez n'est pas le communisme. A quelqu'un qui me disait : " Ce tableau, cette image, cette vision, c'est le communisme. "Mais ne sont-elles pas inévitables, pendant des mois et des années, les souffrances, tandis que des classes nouvelles surgissent des décombres d'une société effondrée ? La création d'un nouvel ordre communiste est à peine commencée.
Je me remémorais les marchés de la ville, d'où l'on voyait descendre au cimetière ceux qui avaient été les témoins heureux des temps passés.
- Nous avons choisi une idée et nous la mènerons jusqu'au bout, continuait Kamenev. En notre résolution réside notre prestige. Déjà les résultats moraux de notre oeuvre sont considérables. L'âme slave, dont tant d'écrvains ont parlé, était une âme d'esclave. Nous l'avons libérée. Aujourd'hui, les consciences vivent.
" Peut-être notre gouvernement est-il perdu, mais s'il venait à tomber, il léguerait à ses successeurs un peuple différent de celui qu'il a trouvé en accédant au pouvoir. Nous avons remué les masses jusque dans leurs tréfonds. Tous les moyens, ordinaires et extraordinaies, nous ont été bons. Nous avons éveillé les forces d'en bas.
" L'Occident a voulu nous étrangler, mais nous avons gagner la guerre.
- Nos démocraties ne se défendaient-elles point avec raison ?
- Je ne le discute pas. La lutte est la lutte. J'accepte l'idée de guerre.
A une critique assez âpre que je lui fis alors de méthodes de combat souvent maladroites, au point de vue révolutionnaire même, du parti communiste français, il répliqua sans voulois acquiescer explicitement :
- Nous ne sommes pas assez sots pour penser que nous pouvons imposer à l'étranger l'heure et les formes de la révolution prolétarienne. Les révolutions sont nationales.
Déjà N..., l'agent bien connu de la vetcheka ( police secrète), n'avait-il pas soupiré devant moi :
" Une hirondelle ne fait pas le printemps. Un blochevik ne fait pas le communisme.
Kamenev s'entretint encore longuement avec moi. Comme tous les maîtres du communisme russe, il avait sérieusement réfléchi aux difficultés de l'heure. La victoire de sa doctrine ne lui paraissait plus assurée. Aussi, étudiait-il, avec une surprenante souplesse, comment pouvait s'opérer le réajustement de la Russie aux conditions économiques de la vie moderne. Il envisageait la restauration des banques, même des banques privées, dans un avenir plus ou moins loitain.
Ce réajustement, nécessaire mais provisoire, selon la thèse actuelle de l'orthodoxie communiste, serait-il, en effet, temporaire ou bien définitif ? Quelle attitude la Troisième Internationale adopterait-elle dans cette réaction vers la droite d'un gouvernement, qui, jusqu'alors, avait été son plus ferme soutien ? Dans quelle mesure un parti blochéviste peut-il évoluer sans cesser d'être bolchéviste ? Quelle serait dans cette crise fondamentale, l'instinct du peuple ? - autant d'interrogations auxquelles j'allais exiger que des faits me répondissent. L'enquête sur la misère ! Je ne savais pas encore quespectacles me seraient réservés. Mais la Russie nouvellement née, je sentais qu'il me la fallait la découvrir.
Kamenev, toujours cordial, m'introduisit quelques heures plus tard , à la réunion plénière du soviet où assistaient tous les délégués de la région de Moscou. Trotski devait y rendre compte ce jour - là, 20 septembre, de son inspection militaire en Ukraine.
L'assemblée se tenait dans les somptueux bâtiments de l'ancien cercle de la noblesse ( Dvoranskoïe Sobranie). Nombre de miteuses voitures grouillaient sur la place. Un amas de bicyclettes encombrait le hall d'entrée d'une ruée de ferraille arrêtée en plein mouvement, typique de l'élan des élus à courir entendre la parole militaire.
Dans les salles qui menaient à l'estrade, un décor étrange, synthétique et monumental, symbolisiat les tendances de la dictature ouvrière et paysanne, sa logique, son fanatisme, sa matérialité, sa chimère : des cubes rouges emprisonnaient les lumières ; des marteaux noirs, des faucilles blanches, des carrés et des étoiles s'enchevêtraient ; le gigantesque plan d'électrification de la Russie flambait au fond d'un portique, irréalisé. Au cente, un projet de tour construite à la gloire et à la commodité de la IIIe internationale élevait ses cônes, ses chambres tournantes, ses spirales, ses antennes de verre et d'acier, carcasse ajourée d'une suprême et magnifique extravagance.
Deux personnages d'Asie, aux longs caftans rouges et jaunes, aux formidables coiffures de mouton me précédaient, eux aussi, pris d'un intérêt passionné.
On nous ouvrit la porte. Sept lustres éclairaient des centaines de visages.
Trotski parlait. Net, impérieux, comique parfois.
" Lorsque l'armée rouge saura cirer ses bottes, elle sera la meilleure armée du monde...Nous avons manoeuvré du côté des frontières pour que les bourgeois qui, de l'autre côté, nous lorgnent, se persuade qu'elle existe... Les paysans se déclarent satisfaits de la nouvelle politique agraire et maintenant chassent les bandits."
Et Trotski attaquait sans relâche la Pologne, la Roumanie, la France, l'Entente. Il ridiculisait Savinkof. Il tonnait contre l'impérialisme.
Je devias reprendre, au cours d'une entrevue avec lui, seul, les principaux points du débat. En attendant, je ne retenais que des mots.
" Les soviets .. les soviets... L'héroïque armée rouge ...La haïssable contre-révolution... Le communisme libérateur."
Kamenev, qui présidait, se rappelait-il ses paroles de la matinée ?
Les phrases de l'orateur modelaient les figures, restaient gravées sur les fronts. La propagande révolutionnaire soulevait des vagues à la surface de ces intelligences.
Qu'en sortait-il ? Qu'en sortirait-il, surtout, demain ? Lénine lui-même qui vit, penché sur elles, se le demande. Enigme pour tous, sauf, peut-être pour lui.
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